SenseNova 6.8 Code2Video : SenseTime publie sous Apache 2.0 un modèle de 27 milliards de paramètres qui fabrique des vidéos en écrivant du code
SenseTime a mis en ligne SenseNova 6.8 Code2Video, un modèle ouvert de 27 milliards de paramètres dérivé de Qwen3.8-27B. Il ne génère pas de pixels : il écrit et corrige le programme qui calcule chaque image. L'éditeur ne publie aucun banc d'essai et reconnaît un net retard sur les meilleurs modèles propriétaires.

SenseTime a présenté officiellement sur X, ce mercredi 28 octobre à 15 h 09, heure de Paris, SenseNova 6.8 Code2Video, dont les poids avaient été déposés la veille sur Hugging Face. Le modèle chinois prend le contre-pied des générateurs vidéo actuels : au lieu de produire des pixels, il écrit le programme qui dessine chaque image, le fait tourner, regarde le résultat et le corrige.
Le modèle compte 27 milliards de paramètres, est affiné à partir de Qwen3.8-27B, accepte un contexte de 512 000 jetons et est publié sous licence Apache 2.0, sans restriction d’usage commercial.
Une vidéo qui se modifie comme un programme
Dans un générateur classique, la vidéo sort d’un seul tirage aléatoire. Changer la couleur d’un titre ou le rythme d’une transition oblige à relancer la génération, et le reste du plan change avec. SenseTime en tire trois reproches dans sa documentation : des mouvements plausibles mais physiquement faux, des vidéos difficiles à retoucher, et des textes, formules ou chiffres à l’écran souvent déformés.
Avec Code2Video, chaque élément est un objet nommé dans le code et chaque image est une fonction du temps : le même code rend toujours le même film. Une retouche (« passe le décor en tons pastel », « ajoute un avion ») devient une modification de quelques lignes, et ce qui n’est pas concerné reste identique. Le dépôt montre ainsi un panneau d’aéroport à lamelles retravaillé en deux tours de notes.
Les usages visés sont précis : animations graphiques, vidéos explicatives (mathématiques, données), scènes 2D et 3D stylisées, typographie animée, petits personnages, son procédural synchronisé sur la musique. SenseTime l’écrit clairement : le modèle ne génère pas d’images photoréalistes.
Pensé pour tourner des heures dans Claude Code
Code2Video n’est pas un outil en un clic. La chaîne décrite compte trois étapes : un modèle généraliste puissant transforme d’abord une demande courte en cahier des charges détaillé (SenseTime utilise Claude Opus 5.5), puis Code2Video produit le film dans Claude Code, l’agent de programmation d’Anthropic, avec une « compétence » code-video fournie (huit guides de fabrication, outils de rendu et de vérification), enfin le créateur peut demander des corrections dans le même projet.
L’éditeur annonce des sessions de plus de 10 heures et plus de 2 000 tours, et fournit des commandes de déploiement avec vLLM, SGLang et LightLLM réparties sur quatre GPU. Il publie aussi les trajectoires complètes de production (messages, appels d’outils, images de contrôle), utiles pour comprendre ou reproduire la méthode. Il faut prévoir Node.js, Python, ffmpeg et un navigateur Chromium piloté par Playwright pour le rendu.
Ce que SenseTime ne prouve pas encore
La documentation est franche sur ses limites. Il n’existe aucun banc d’essai publié : seulement des exemples choisis, dont un film de lancement de 90 secondes présenté comme réalisé par le modèle. SenseTime reconnaît un net retard sur les meilleurs modèles propriétaires en finition visuelle et en fiabilité sur les tâches longues, et précise qu’une production prend encore des heures de travail d’agent.
Notre lecture
Code2Video ne concurrence pas Kling, Seedance ou Veo : il ne sait pas filmer une scène réaliste. Son intérêt est ailleurs, sur le terrain des outils comme Manim ou Remotion, où un texte, une formule ou un graphique doivent être exacts et où l’on veut pouvoir retoucher un détail sans tout régénérer. C’est aussi une piste sérieuse pour les créateurs de vidéos pédagogiques et de motion design qui veulent un fichier source réutilisable plutôt qu’un rendu figé. Reste le coût d’entrée : quatre GPU, des heures de calcul par film et un modèle propriétaire en amont pour écrire le cahier des charges. Sans évaluation indépendante, on jugera sur pièces, avec les trajectoires publiées comme premier moyen de vérifier ce que fait vraiment le modèle.
Sources
- SenseTime (X) — annonce de SenseNova 6.8 Code2Video Source primaire
- Hugging Face — fiche du modèle sensenova/SenseNova-6.8-Code2Video Source primaire
- GitHub — dépôt OpenSenseNova/SenseNova-6.8-Code2Video Source primaire
Une source primaire émane directement de l'entreprise, du laboratoire ou de l'organisme concerné. Une source secondaire rapporte l'information sans en être l'auteur : nous la signalons comme telle. Une erreur ? Consultez notre politique de correction.


