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Google : les vieux TODO dans le code détournent ses agents, avec 77 % de tokens en plus par session

En analysant des millions de sessions de son agent de code interne, Google montre que les commentaires TODO liés à des bugs, souvent déjà corrigés, poussent l'agent vers des détours non demandés qui coûtent 70 % d'étapes, 77 % de tokens et 105 % de temps d'attente en plus.

Une boussole mécanique en cuivre déviée de sa trajectoire par de vieux fils jaunes et des épingles rouillées sur un sol en pierre.
Illustration générée par IA

Pour un développeur, un commentaire TODO(bug/1234) oublié depuis trois ans est du bruit qu’il ne voit même plus. Pour un agent de code, c’est une invitation à agir. Une analyse publiée le 6 novembre sur le blog des développeurs de Google chiffre, à grande échelle, ce que coûtent ces vieux restes quand des agents parcourent le code.

Un indicateur simple : les TODO liés à un bug

Mesurer les « distractions » d’un agent à la main est impossible sur des millions de sessions. Les auteurs, Sam Saccone et Madhuri Garikapati, ont trouvé un indicateur automatique : les commentaires TODO(bug/...) et FIXME(bug/...), qui pointent vers un ticket dont on connaît l’état. En croisant chaque commentaire rencontré par l’agent avec l’état du bug et la demande initiale du développeur, on sépare le travail utile des détours.

Les traces couvrent l’agent de code interne utilisé par des milliers d’ingénieurs, soit des centaines de millions d’étapes. 13 % des sessions de lecture de fichiers croisent un tel commentaire. Dans 94 % des cas, l’agent l’ignore. Dans 6 %, il agit sur le bug cité, et 83 % de ces actions n’ont pas été demandées.

Des bugs fermés et du travail hors sujet

Ces détours prennent deux formes. Plus de deux sur cinq visent des tickets déjà fermés : bugs corrigés depuis longtemps (32 %) ou abandonnés (9 %). Dans plus de la moitié des cas, le bug est encore ouvert et l’agent élargit le périmètre de son travail : il enquête (61 %) ou modifie du code (39 %) que personne ne lui a demandé de toucher. Google cite un agent qui, en cherchant un autre bug, est parti fouiller un ticket corrigé en 2023, et un autre qui a « corrigé » du code de son propre chef avant que le développeur ne conteste.

L’addition est nette. À développeur, complexité de code, type de tâche et niveau de modèle comparables, une session avec un détour non demandé compte 70 % d’étapes, 77 % de tokens et 105 % de temps d’attente en plus.

Le remède : des agents de ménage

Google a lancé des agents chargés de repérer les références à des bugs fermés, puis d’examiner l’historique du ticket, du fichier et du code, parfois sur plusieurs années, avant de proposer une suppression. En six mois, ils ont retiré des milliers de TODO obsolètes, avec plus de 95 % d’acceptation par les relecteurs humains.

Notre lecture

L’étude transforme une intuition de terrain en facture : la dette documentaire, longtemps jugée inoffensive, se paie désormais en tokens et en minutes d’attente. Le TODO n’est qu’un indicateur commode ; les spécifications périmées ou la documentation en retard posent sans doute le même problème, mais elles sont plus difficiles à mesurer. La recette est reproductible par une petite équipe : lister les TODO qui pointent vers des tickets fermés et les proposer à la suppression, en relecture. Deux limites : tout vient de l’environnement interne de Google, avec des modèles non nommés, et les données brutes ne sont pas publiées.

Sources

  1. Google Developers Blog — Agent Distraction (6 novembre 2026) Source primaire

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